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ACANTARI

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Lou plesi de canta n'en Prouvençau


Voyage au bout de la ville...........

Publié par Chorale ACANTARI sur 21 Janvier 2013, 21:15pm

Catégories : #tradition

Les mystères du cours Mirabeau

Les promeneurs pressés ne lèvent plus la tête devant les hôtels particuliers qui bordent le cours Mirabeau. Dommage ! Car plusieurs d’entre eux présentent des histoires surprenantes. « Construite en 1649, à l’emplacement des remparts, cette promenade comprenait initialement deux guérites à son entrée. Ces bâtiments furent détruits par la suite. De là découle le fait que la numérotation des immeubles ne commence pas au numéro 1, comme ailleurs, mais au numéro 3 », indique Jean-Pierre Cassely.

Libertins et courtisanes

Parmi les anciens propriétaires de ces belles demeures figurent plusieurs personnalités d’exception. Tel le duc de Villars, dernier gouverneur de Provence. Cet ami de Sade a laissé à la postérité le souvenir de ses moeurs dissolues. Tel encore Jean-Baptiste Rey, propriétaire de l’hôtel de Forbin, dont on dit qu’il séduisit Pauline Borghèse lors de son passage à Aix en 1808. « La soeur de Napoléon aurait gardé un excellent souvenir de son séjour dans notre ville », sourit le guide. Il faut dire que son hôte la dorlotait. « Chaque matin, la jeune femme prenait un bain de lait d’ânesse. Il fallait réquisitionner cinquante bêtes pour remplir la baignoire, qui est encore visible au château de la Mignarde. »

Un drôle de strip-tease

La façade du tribunal de commerce mérite, elle aussi, qu’on s’y arrête. C’est en effet la seule du cours Mirabeau à être dotée d’atlantes supportant un minuscule balcon. Ces statues portent toutes deux un pagne « taille basse » qui laisse apparaître leur toison pubienne. D’extraction modeste, Pierre Maurel, ancien drapier devenu noble après son troisième mariage avec Diane de Pontevès, espérait-il choquer ainsi la bonne société aixoise ?

Une fontaine-abreuvoir

Un peu plus loin, la fontaine des Neuf- Canons présente une autre originalité. Si son rebord est particulièrement bas, c’est qu’elle fut construite en 1691 pour permettre aux troupeaux de moutons en transhumance de venir s’y abreuver. « Son entretien demeure l’apanage de la ville d’Arles, qui assure depuis toujours la logistique de cette transhumance. »

Dans les coulisses du passage Agard

En passant sous l’immeuble de l’ancienne chapellerie du père de Cézanne, transformée depuis lors en banque (la « Cézanne International Company », plaisante Jean-Pierre Cassely en désignant l’enseigne du CIC), le promeneur débouche sur l’étroit passage percé en 1846 par Félicien Agard sur l’emprise du couvent des Carmes. En levant la tête, le visiteur attentif peut apercevoir au-dessus du lampadaire d’étranges signes circulaires. Une légende prétend qu’il s’agit de motifs templiers. Un doute subsiste quant à cette interprétation. Au bout du passage, en tout cas, deux boutiques conservent de magnifiques ogives gothiques d’une ancienne église.

A côté de la plaque

Derrière la place Forbin, au début de la rue d’Italie, un panneau en bois porte une drôle d’inscription : « Voitures et automobiles, au pas ». Une redondance ? Non. Car à l’époque cohabitaient sur la chaussées voitures à cheval et les premières autos. Ce panneau est un vestige de l’ancienne nationale 7 reliant Paris à Antibes et qui traversait naguère la ville de part en part. En témoigne aussi (au 1, rue de la Répu blique) une plaque en marbre indiquant que cette voie de circulation, qui reprend l’itinéraire de la via Aurelia antique, s’appela aussi « Route impériale » n°7 sous Napoléon.

Une devise nationale revisitée

L’hôtel de ville est installé depuis le XIVe siècle au pied de la tour de l’Horloge qui surplombe un ancien bout de muraille romaine. La mairie, remaniée au XVIIe siècle, s’inspire des palais italiens. Au premier étage, la salle dite des Etats de Provence comporte une magnifique galerie de peintures représentant les personnages illustres de la région. A la Révolution, l’édifice fut saccagé et les écussons surplombant la rue furent martelés. Les armoiries des comtes de Provence furent remplacées par la devise nationale. Comme il convenait de remplir cinq blasons, les républicains durent « inventer » une devise nationale en cinq mots. Au traditionnel « Liberté, égalité, fraternité » ont ainsi été accolées les valeurs de probité et de générosité.

Derrière les barreaux

Derrière le palais de justice sur les colonnes duquel sont encore visibles les impacts d’un attentat du FLNC datant de novembre 1992 se dresse l’ancienne prison aujourd’hui transformée en cour d’appel. Au moment de sa construction, les archéologues ont eu la grande surprise d’y découvrir les ruines de l’ancien palais comtal et un puits médiéval. Avant qu’elle ne soit déplacée à Luynes, la maison d’arrêt d’Aix avait connu au moins un hôte illustre : Charles Trenet, qui y passa une partie de l’été 1963 pour une affaire de moeurs.

Place des Trois-Ormeaux

Une légende prétend que les ormeaux de la place sont frappés de malédiction depuis que l’on y aurait pendu, au Moyen Age, un innocent. Cinq siècles plus tard, les services municipaux s’échinent encore à tenter d’y faire pousser des arbres. Sur les trois récemment plantés, l’un est déjà mort.

Exécutions en place publique

C’est sur la place des Prêcheurs qu’ont eu lieu, jusqu’à la Révolution, toutes les exécutions capitales à Aix. A la place de l’actuel obélisque était jadis dressé l’échafaud où l’on décapita, écartela et brûla les condamnés des années durant. Au XVIIe siècle, plus de sept cents personnes y perdirent la vie.

Une rue délurée

A l’angle de la rue des Bretons, c’est une inscription murale aujourd’hui presque totalement effacée. On y devine encore la phrase « This is off limit for American and Canadian soldiers »(« Vous êtes ici hors des limites autorisées aux soldats américains et canadiens »). Envahie par la prostitution depuis des siècles, la ruelle comptait en effet plusieurs lupanars à la Libération.

La pierre de la Bastille

Au pied du café du 21, boulevard Jean-Jaurès, il faut lever la tête pour apercevoir, encastrée dans la façade, une drôle de pierre indiquant les toilettes. « Il s’agit d’une relique de la Bastille rapportée de Paris par Joseph Sec, un marchand de bois richissime qui possédait, à la fin du XVIIIe, la moitié du quartier et dont le tombeau truffé de symboles ésotériques est situé non loin, en bas de l’avenue Pasteur. »

Des toiles pour lever les yeux au ciel

Plusieurs services municipaux disposent du luxe rare d’être hébergés dans des locaux classés. Tel le bureau des « élections » de la rue Venel. Hébergé dans l’ancienne maison de Gaspard de Venel, un nobliau local qui fut conseiller au Parlement de Provence en 1633, ses plafonds sont couverts de jolies fresques fin XVIIe siècle.

Voyage au bout de la ville...........
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