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ACANTARI

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Lou plesi de canta n'en Prouvençau


QU’A VIST…

Publié par Chorale ACANTARI sur 24 Juin 2013, 06:28am

QU’A VIST…

Origine du dicton de la ville de Cassis

Voici le texte intégral des vers de F. MISTRAL qui ont donné naissance au dicton de la ville de Cassis ; en provençal Mistralien, c’est à dire en classique :

Traduction en français :

» Je suis de Cassis – ville de mer – et clef de France. Dans l’ombre – pour vous tous est caché le nom de ma patrie – mais, serait-il à mille lieues – nul de ses fils ne le renie – car TEL A VU PARIS, COMPAGNON – QUI PEUT DIRE, S’IL N’A PAS VU CASSIS : JE N’AI RIEN VU.Là, il ne peut y avoir aucune ambiguïté possible. C’est pris à la source. »

Juste quelques petites précisions sur le célèbre vers qui ornait autrefois les cars de Cassis « Qu’a vist Paris se noun a vist Cassis a ren vist »Certes notre grand Mistral a donné un regain de jeunesse dans son poème de «calendau» le petit pécheur d’anchois de Cassis, mais ce dicton a quelque chose qui remonte un peu à la nuit des temps.

…Lorsque la paix des Pyrénées eut consacré la victoire de Louis XIV sur presque toute l’Europe liguée contre lui, le Maréchal La Feuillade fit ériger à Paris en 1686, au milieu de la place de la victoire, une fontaine monumentale. Elle était surmontée d’une statue du Roi – Soleil en costume d’empereur romain, couronné de laurier par la victoire et foulant aux pieds Cerbère aux trois gueules, emblème de la triple Alliance formée, contre la France, par l’Angleterre, la Hollande et la Suède en 1668.

Autour du piédestal, quatre figures d’esclaves enchaînés symbolisaient les nations vaincues par les armes du grand roi à différentes époques de son règne

La hauteur totale de ce splendide monument de marbre et de bronze doré était de 38 pieds, soit environ 12 m 50.

Deux ou trois ans après son inauguration, un artiste inconnu, dont l’histoire n’a pas gardé le nom, vint à Cassis et obtint la faveur d’élever, Place Royale (place de la République aujourd’hui) une reproduction simplifiée, la victoire et le cerbère étant supprimés et de dimensions beaucoup plus modeste puisque son élévation n’était que d’une canne de six pans, c’est à dire de 3 m 50 de celle qu’il avait admirée à Paris.

Sur chacune de ces quatre faces, un mascaron laissait couler l’eau de la fontaine de Muret, la seule alimentant Cassis.

Le projet fut réalisé… La fontaine de Cassis était l’orgueil des cassidens, comme l’était des parisiens sa grande sœur de la Place Royale. Disons même que la miniature cassidenne dans ce concours de beautés monumentales, en un siècle ou l’art et les lettres étaient en faveur remporta le grand prix. De Paris à Cassis et de Cassis à Paris, il n’y avait qu’une voix pour vous dire : la fontaine de Cassis est cent fois plus belle que celle de Paris ! Bientôt, le fameux dicton fut lancé, mais sous la forme :

« Qu’a vist la font de Paris se noun a vist la font de Cassis a ren vist » ? Cette phrase, est plusieurs fois citée par divers auteurs du XVIII e siècle.En 1785, un stupide accident devait pour toujours priver Cassis de la merveille qui faisait sa gloire en France. Un pécheur catalan appartenant à l’équipage de l’un de ces bateaux qui à l ‘époque, pratiquaient la pêche du corail dans les eaux de Cassis, eut l’idée malencontreuse de grimper au sommet de la fontaine pour mieux suivre la célèbre course de chevaux organisée chaque année à l’occasion du «trin de la Saint-Pierre ».

Sous le poids du marin qui se démenait, la fine statue s’écroula. Les cassidens furent navrés de la catastrophe.

Diminuée physiquement, on parla longtemps de la belle fontaine, mais personne songea à la reconstruire.

La place royale devint la place de la République. Un figuier sauvage (par graines) vint remplacer la statue. On la déplaça par deux fois pour les besoins de la circulation.

Quant à sa rivale de Paris, elle eut la tragique fin de tout ce qui rappelait, « aux jours de la grande tourmente « , les fastes d’un régime exécré. Elle fut abattue en 1793 ! La place de la victoire devint la place de la nation.

Vous pourrez admirer en images les deux célèbres fontaines au musée de Cassis.

Et le proverbe ?

Ma foi le proverbe est resté. On l’a simplement amputé du mot «font » qui signifie fontaine, en français, puisqu’il n’y avait plus de fontaine à Paris.

Au lieu de comparer les deux monuments entre eux, on en vint, quoique cela soit quelque peu excessif, à faire la comparaison entre la grande ville capitale de la France et l’humble village de Provence.Frédéric Mistral, dans «calendal », mit le dicton ainsi transformé dans la bouche du pécheur d’anchois héros de son poème, la nouvelle forme devint définitive, étant consacrée par le grand félibre.

Il est ainsi devenu celui que l’on connaît aujourd’hui et dont l’OFFICE de TOURISME devrait davantage crier car tous ceux qui ont vu Cassis, croient qu’il est vrai.

D’après les lettres de mon grenier.

Andre Jayne

Voici le texte intégral des vers de F. MISTRAL qui ont donné naissance au dicton de la ville de Cassis ; en provençal Mistralien, c’est à dire en classique :

Traduction en français :

» Je suis de Cassis – ville de mer – et clef de France. Dans l’ombre – pour vous tous est caché le nom de ma patrie – mais, serait-il à mille lieues – nul de ses fils ne le renie – car TEL A VU PARIS, COMPAGNON – QUI PEUT DIRE, S’IL N’A PAS VU CASSIS : JE N’AI RIEN VU.Là, il ne peut y avoir aucune ambiguïté possible. C’est pris à la source. »

Juste quelques petites précisions sur le célèbre vers qui ornait autrefois les cars de Cassis « Qu’a vist Paris se noun a vist Cassis a ren vist »Certes notre grand Mistral a donné un regain de jeunesse dans son poème de «calendau» le petit pécheur d’anchois de Cassis, mais ce dicton a quelque chose qui remonte un peu à la nuit des temps.

…Lorsque la paix des Pyrénées eut consacré la victoire de Louis XIV sur presque toute l’Europe liguée contre lui, le Maréchal La Feuillade fit ériger à Paris en 1686, au milieu de la place de la victoire, une fontaine monumentale. Elle était surmontée d’une statue du Roi – Soleil en costume d’empereur romain, couronné de laurier par la victoire et foulant aux pieds Cerbère aux trois gueules, emblème de la triple Alliance formée, contre la France, par l’Angleterre, la Hollande et la Suède en 1668.

Autour du piédestal, quatre figures d’esclaves enchaînés symbolisaient les nations vaincues par les armes du grand roi à différentes époques de son règne

La hauteur totale de ce splendide monument de marbre et de bronze doré était de 38 pieds, soit environ 12 m 50.

Deux ou trois ans après son inauguration, un artiste inconnu, dont l’histoire n’a pas gardé le nom, vint à Cassis et obtint la faveur d’élever, Place Royale (place de la République aujourd’hui) une reproduction simplifiée, la victoire et le cerbère étant supprimés et de dimensions beaucoup plus modeste puisque son élévation n’était que d’une canne de six pans, c’est à dire de 3 m 50 de celle qu’il avait admirée à Paris.

Sur chacune de ces quatre faces, un mascaron laissait couler l’eau de la fontaine de Muret, la seule alimentant Cassis.

Le projet fut réalisé… La fontaine de Cassis était l’orgueil des cassidens, comme l’était des parisiens sa grande sœur de la Place Royale. Disons même que la miniature cassidenne dans ce concours de beautés monumentales, en un siècle ou l’art et les lettres étaient en faveur remporta le grand prix. De Paris à Cassis et de Cassis à Paris, il n’y avait qu’une voix pour vous dire : la fontaine de Cassis est cent fois plus belle que celle de Paris ! Bientôt, le fameux dicton fut lancé, mais sous la forme :

« Qu’a vist la font de Paris se noun a vist la font de Cassis a ren vist » ? Cette phrase, est plusieurs fois citée par divers auteurs du XVIII e siècle.En 1785, un stupide accident devait pour toujours priver Cassis de la merveille qui faisait sa gloire en France. Un pécheur catalan appartenant à l’équipage de l’un de ces bateaux qui à l ‘époque, pratiquaient la pêche du corail dans les eaux de Cassis, eut l’idée malencontreuse de grimper au sommet de la fontaine pour mieux suivre la célèbre course de chevaux organisée chaque année à l’occasion du «trin de la Saint-Pierre ».

Sous le poids du marin qui se démenait, la fine statue s’écroula. Les cassidens furent navrés de la catastrophe.

Diminuée physiquement, on parla longtemps de la belle fontaine, mais personne songea à la reconstruire.

La place royale devint la place de la République. Un figuier sauvage (par graines) vint remplacer la statue. On la déplaça par deux fois pour les besoins de la circulation.

Quant à sa rivale de Paris, elle eut la tragique fin de tout ce qui rappelait, « aux jours de la grande tourmente « , les fastes d’un régime exécré. Elle fut abattue en 1793 ! La place de la victoire devint la place de la nation.

Vous pourrez admirer en images les deux célèbres fontaines au musée de Cassis.

Et le proverbe ?

Ma foi le proverbe est resté. On l’a simplement amputé du mot «font » qui signifie fontaine, en français, puisqu’il n’y avait plus de fontaine à Paris.

Au lieu de comparer les deux monuments entre eux, on en vint, quoique cela soit quelque peu excessif, à faire la comparaison entre la grande ville capitale de la France et l’humble village de Provence.Frédéric Mistral, dans «calendal », mit le dicton ainsi transformé dans la bouche du pécheur d’anchois héros de son poème, la nouvelle forme devint définitive, étant consacrée par le grand félibre.

Il est ainsi devenu celui que l’on connaît aujourd’hui et dont l’OFFICE de TOURISME devrait davantage crier car tous ceux qui ont vu Cassis, croient qu’il est vrai.

D’après les lettres de mon grenier.

Andre Jayne

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