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ACANTARI

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Lou plesi de canta n'en Prouvençau


Les loups en Provence.

Publié par Chorale ACANTARI sur 23 Février 2013, 11:59am

La fin du loup tueur (Aubagne, 23 mars 1709)

Nous avons indiqué en italique les mots qui semblent des fautes de français flagrantes, mais nous les avons retranscrites telles quelles.

«Nous maire et consuls de cette communauté d'Aubagne, certifions et attestons que le vingt-trois du présant mois de mars mil sept cens neuf, Mathieu Isnard, de ce dit lieu, estant au devant sa porte sur les quatre heures de matin pour charger son mulet de serments pour les porter à moudre en la ville de Marseille, il vit venir un loup qui se jetta sur luy pour le dévorer et luy ayant mis les pattes sur les espaulles, commenssa à luy déchirer le visage, luy ayant emporté une partie de la joue et rompu une dent. Ce que voyant ledit Isnard luy porta un coup de pied au ventre qui l'obligea à abandonner, mais appréhendant qu'il ne revint aux prises, ce qui arriva, il entra pour chercher une barre de bois, laquelle il trouva heureusement et revint sur la porte un estant, ce loup enragé retourna pour se jetter une seconde fois sur luy et le dévorer, sy ledit Isnard luy ayant porté un coup de cette barre ne luy eût donné sur le nés qui, l'ayant estourdy de ce coup, le tomba par terre. Et alors ayant crié au secours y accourut des voisins qui voyant cet accident et que ledit loup estant un peu revenu de son étourdissement commenssait à remuer pour se rellever, ils achevèrent de le tuer, et le jour estant arrivé on aprit que ce loup estait venu venu du costé de Marseille et qu'il avait dévoré plusieurs personnes qu'il avait rencontré long le chemin, entre autres un garçon de Gémenos qui s'en allait à Marseille, qui avait le crâne de la teste emporté et une oreille dont il en mourut l'ayant longtemps traisné parterre ; une femme dudit Aubagne qui a une joue emportée et plusieurs dents cassées qu'on croit qu'elle en mourra ; Jean David, du mesme lieu, allant aussy à Marseille, eut rencontre de ce loup qui luy sauta dessus et luy déchira tout le visage, en grand danger de la vie[1] ;
La femme de Charles David, dudit Aubagne, avec sa fille, ont aussy eu leurs visages tous déchirés qu'il a fallu les coudre ; une demoyselle de Toulon, aussy à Marseille avec un homme pour la conduire et une autre femme furent attaqués par ce loup et dangereusement blessés au visage et mesme leur bourrique fust mordue et blessée sans que ledit homme eut le temps de mettre main à l'espée qu'il avait à son costé et plusieurs autres personnes tant du voisinage de ce lieu que en terroir de Marseille, qui se plaignent du ravage que ce loup a fait, et d'autant que ledit Isnard se trouve griefvement blessé et en grand danger de la vie, n'ayant pas de quoy survenir à sa maladie et n'estant pas en état de pouvoir travailler pour secourir sa famille.
On ne doute pas que le public ne soit porté à le secourir, tant par charité que pour avoir coupé chemin au ravage que cette beste enragée aurait pu faire dans les lieux circonvoisins, et pour certifier la vérité de ce que dessus nous luy avons fait ces présantes qu'avons fait dresser et fait apposer les armes de la ville par nostre secrétaire qui s'est avec nous soubsigné.

  • Archives communales d'Aix-en-Provence, CC396.


[1] Jean David est décédé à 45 ans le 16 avril. La cause en est quasi-certaine : la rage.



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Mathieu Isnard vient toucher son dû (Aix-en-Provence, 6 mai 1709)

  • Archives communales d'Aix-en-Provence, CC396

Voir article précédent : La fin du loup tueur (Aubagne, 23 mars 1709)

« Monsieur le trésorier de la viguerie d'Aix, Boniface Alpheran, payez des deniers de vostre recepte à Mathieu Isnard, muletier de la ville d'Aubagne, la somme de huict livres qu'avons ordonné luy estre payées pour avoir tué un gros loup audit lieu d'Aubagne et au devant la porte de sa maison et vous ayant appareu ledit loup avoir esté marqué suivant la coustume de la vigerie et certificat desdits consuls dudit Aubagne et rapportant le présent mandat marqué au bas et certificat desdits consuls, lesdits huict livres seront passées en la dépance de vos comptes.

A Aix le sixième a May mil sept cent neuf. »

« Je certifie que Mathieu Isnard a receu huit livres dud. Alpheran.
Fait à Aix l'an et jour susd. »

[DU BOURGUET c(onsul) d'Aix]

[MICHEL c(onsul) d'Aix]



Illustration : Conrad Gesner, De quadripedibus viviparis, 1551, gravure sur bois.

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Huit livres pour deux louveteaux (Aix-en-Provence, 3 mai 1709)

  • Archives communales d'Aix-en-Provence CC396

 

« Monsieur le trésorier de la viguerie de cette ville d'Aix, Boniface Alpheran, payez des deniers de votre recepte à Pierre Mus, travailleur de cette ville, la somme de huict livres qu'avons ordonné luy estre payée pour avoir pris deux petits loups dans le terroir de cette ville, quartier de Capeau, et c'est suivant l'usage que la viguerie est en coustume de donner et vous ayant appareu qu'ils ayent esté marqués.

Rapportant le presant mandat et acquit au bas lesd. huict livres seront passées en la depance de vos comptes.

A Aix le troisième May mil sept cents neuf. »

Je certifie que Pierre Mus a receu dudit Alpheran huit livres.
A Aix l'an et jour susd.

[LANET]

 

Photographie : "Scandinavian grey wulf (Canis lupus) at Skandinavisk Dyrepark, Djursland, Denmark", © Malene Thyssen, (www.mtfoto.dk/malene/). GNU Free Documentation License, Creative Commons Attribution ShareAlike 2.5.

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Loups et charognes (Aix-en-Provence, 1er décembre 1828)

  • Archives communales d'Aix-en-Provence, F3-5-2.

Aix, le 1er 10bre 1828

Le commissaire de police de la ville d'
Aix à monsieur le Maire (1), chevalier de l'ordre royal de la Légion d'honneur.

Monsieur le Maire,
J'ai l'honneur de vous rapporter que quelques habitants du quartier de [...], faisant partie de celui de Puyricard, se sont rendus à notre bureau de la police et nous ont informés que, depuis quelques jours, trois
loups ont apparu dans leur contrée. Ils craignent que ces animaux voraces ne commettent des dégâts à leurs troupeaux. A cette cause, ils désirent qu'il soit pris des mesures, soit pour détruire ces animaux, soit au moins pour les faire fuir.

J'ai appris hier, monsieur le Maire, que l'équarisseur avait une propriété en ce quartier, qu'il y transportait des animaux qui, très souvent, n'étaient pas enfouis tout de suite. Il n'y a pas de doute que les charognes auront attiré les loups. A cette cause, je vais signifier à l'équarisseur d'enfouir de suite les animaux qu'il fait transporter dans sa propriété et même, sous cet ordre, je vous prie de me donner vos ordres.

J'ai l'honneur d'être, avec respect, monsieur le Maire, votre très humble et très obéissant serviteur.



1. Le maire d'Aix est alors Louis Jules Dubourguet (8 septembre 1816-8 août 1830)

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Loup à Cuges (Cuges-les-Pins, 12 avril 1709)

  • Archives communales d'Aix-en-Provence, CC396.

« Nous maire et consul du lieu de Cuges, certiffions et attestons comme Antoine Aubin, pegolier (1) du lieu de Cuges, a tué une louve audit terroir, cartier des Estaignol, terroir dudit Cuges, et pour estre veritable, avons fait le present certifficat pour valloir ainsi vaut pour estre fait à Cuges ce douze avril mil sept cens neuf.

[Gaspard ESPANET maire]
[B. ESPANET consul]

 


« Monsieur le Trésorier de la viguerie de cette ville d'Aix, Boniface Alpheran, paye des desniers de vostre recepte a Antoine Aubin, pegolier du lieu de Cuges, la somme de huict livres qu'avons ordonné luy estre payée pour avoir tué un loup aud. terroir de Cuges & au quartier dit des Estaignol, ainsy qu'il nous a apparu par le certificat des consuls dud. lieu, ainsy que la viguerie est en coutume de donner & nous ayant apparu estre manqué & rapportant led. certificat présent mandat & acquit au bas lesdits huict livres seront passées en la dépance de vos congés.
A Aix le vingt quatre avril mil sept cens neuf.

« J'atteste que Antoine Aubin a receu dud. Alpheran lesd. huict livres cy dessus.
Fait à Aix l'an et jour que dessus.

[LANET]

[SEGUIRAN assesseur]
[MICHEL c. d'Aix, chef de viguerie]


(1) Fabricant de poix.

Photographie : DR.

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Battue aux loups (Vauvenargues, 20 juillet 1834)

  • Archives communales d'Aix-en-Provence, F3-5-2, lettre au maire d'Aix.
  •  

Aix, le 21 juin 1834.

Monsieur le Maire,

Par son arrêté du 27 mai d[erni]er, M. le Préfet a ordonné une battue aux loups qui doit être faite dans la commune de Vauvenargues.
Plusieurs communes, dont la vôtre est du nombre, doivent concourir à cette battue qui a été fixée au 20 de ce mois. Je vous prie de donner les ordres nécessaires pour qu'une vingtaine d'hommes armés de votre commune soient rendus à Vauvenargues ledit jour, à 4 heures du matin, pour y concourir avec les agens et gardes forestiers qui en ont reçu l'ordre.

Agréez, Monsieur, l'assurance de mes sentiments distingués.

Le Sous-Préfet d'Aix

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Un loup tué à Pertuis (Pertuis, 28 mars 1709)

Monsieur le trésorier de la viguerie de cette ville d'Aix, Boniface Alpheran, paye des deniers de vostre recepte à Michel Nicolas, ménagié du lieu de Cabrières-d'Aigues, la somme de huit livres, pour avoir tué un gros loup au terroir de Pertuis, ainsi qu'il nous a apparu par la certifficat des consuls du lieu, ainsi que la viguerie est en coustume de donner et nous ayant apparu qu'il a esté marqué et rapportant ledit certifficat présant mandat et acquis au bas lesdites huit livres seront passées en la dépense de vos comptes.
A Aix, ce dix-huite avril mil sept cent neuf.

Seguiran, assesseur d'Aix, chef de viguerie

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Une battue aux loups (Montgardin, 5 mai 1839)

Gap, le 2 mai 1839,

Monsieur le Maire,

Par son arrêté du 27 avril dernier, Monsieur le Préfet m’ordonnant une battue aux loups, dans les bois communaux d’Avançon, Montgardin et Chorges, a bien voulu m’en confier la direction et me charger du soin d’en fixer l’heure et le jour.

Cette battue aura donc lieu dimanche prochain, 5 du présent mois, mais elle devra commencer dans les bois des trois communes à sept heures précises. Voici les diverses dispositions qu’il convient de prendre pour en assurer le succès :

1° Il faudra vous procurer le plus grand nombre possible de traqueurs et, à l’heure fixée, faire commencer la battue, en la dirigeant du pied du bois vers leur sommet et du côté de Chorges, autant que faire se peut, afin que si les loups étaient manqués par vos tireurs, ils puisent être rejetés sur ceux de cette commune.

2° Vous aurez la bonté de choisir les divers habitants de votre commune réputés pour être les meilleurs tireurs, et ceux-là seulement devront être postés et armés de fusils. Il suffit qu’ils soient assez nombreux pour cerner les côtés du bois opposés à celui d’où partiront les traqueurs. Vous voudrez bien remarquer que les battues sont souvent sans succès parce que tout le monde veut porter un fusil et que, par conséquent, le nombre des traqueurs est insuffisant.

3° Il est important que vous assistiez vous-même à la battue ou que vous vous y fassiez représenter, soit par votre adjoint, soit par un membre du conseil municipal, assez ferme et influent pour se faire obéir.

4° Vous voudrez bien informer vos administrés qu’il ne doit pas être tiré un coup de fusil sur quelle pièce de gibier quelque ce soit, et qu’il sera dressé procès-verbal contre tout individu qui enfreindrait cette défense. Cette condition est rigoureusement nécessaire. Si elle n’est pas exécuté, il est impossible de détruire les loups parce que un coup de fusil tiré dans une direction leur en fait prendre une autre et qu’alors ils passent loin des chasseurs.

Telles sont, M. le Maire, les dispositions vraiment utiles dont j’ai l’honneur de vous prier d’assurer l’exécution dans votre commune. Au reste, M. le Garde général et moi assisteront lui à Avançon, et moi à Montgardin à cette battue, mais il n’importe pas moins que les dispositions soient prises d’avance.

Recevez, Monsieur le Maire, l’assurance de ma considération distinguée.

L’Inspecteur des forêts.

  • Archives départementales des Hautes-Alpes, E dépôt 1, F3.
  • Photographie : Forêt à Montgardin. Jean Marie Desbois, 2003.

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Une enfant attaquée par une bête (Aix-en-Provence, 13 octobre 1736)

Sources : Archives municipales d'Aix-en-Provence, cote BB219, f°298.

(13 octobre 1736)
L'an mil sept cent trente six et le treizième jour du mois d'octobre scavoir faisons que nous, Sauveur Ferrier, maître chirurgien juré royal de cette ville ; que par sentence rendue de l'autorité de monsieur le lieutenant général criminel, juge royal, entre André Garcin, travailleur du hameau des Milles, et Joseph Mille, dudit hameau, nous aurions été commis pour faire rapport des morsures faites tant au visage qu'aux mains de la petite fille dudit Garcin et de l'état où elle se trouve actuellement ; qu'en procédant, nous déclarerions par quel animal lesdites morsures peuvent avoir été faites, gros ou petit, en vertu de laquelle ledit Mille auroit été assigné par exploit fait par Roche huissier pour ce jourd'hui, le treize du courant à une heure de relevée (1), à comparoir pardevant nous et dans l'hôpital Saint-Jacques (2) de cette ville où ladite petite fille se trouve reposée.

En exécution de laquelle sentence portant nostre commission que nous avons reçue avec l'honneur qui lui appartient et qui nous a été émanée (3) par maître Burel, procureur au Siège, intervenant pour ladite Garcin, nous nous serions donc portés audit hôpital à ladite heure assignée, où nous aurions trouvé la femme dudit Garcin et sieur Joseph Chanssaud (4), clerc dudit maître Burel, et ledit Mille n'étant point comparu, ni personne de sa part, quoique nous ayons attendu plus d'une heure après celle assignée, nous avons procédé à nostre commission et avons exactement visité la fille dudit Garcin, que nous avons trouvée gisant dans un petit lit (5) au courroir des femmes et nous ayant été présentée par sa mère, à laquelle nous avons demandé son âge. Elle nous auroit dit icelle avoir deux ans, ce qui nous a paru vray semblable.
Nous l'avons donc trouvée atteinte d'une contusion de la partie supérieure de la joue, la cicatrice d'une plaie à la partie moyenne de ladite joue et l'impression de deux dents au côté droit de la paupière inférieure de l'oeil droit et l'autre au côté gauche de la mesme paupière de mesme oeil et, de mesme suite, le chirurgien ordinaire de l'hôpital nous ayant levé l'appareil qui lui couvroit la main droite, nous l'aurions trouvée sans aucun doigt à cette main, les phalanges de tous les cinq doigts ayant été emportés, la plaie qui restoit étant en bon état et la suppuration commençant d'être louable, ce qui nous donna lieu de juger qu'icelles blessures avoient été faites depuis environ douze ou quinze jours. Et, de mesme suite, ayant visité la main gauche, nous aurions trouvé le pouce et le petit doigt fort tuméfiés, ayant distinctement observé l'impression d'une dent à chaque doigt et, après avoir dressé un mémoire, nous nous serions retirés.

Et, étant en état de dresser nostre rapport, ledit maître Burel nous auroit tenu un comparant en réquisition, que nous aurions requis de faire signifier audit Mille, en la personne de son procureur, pour y fournir de réponse si bon lui sembloit et, n'en ayant point été fourni quoiqu'il se soit passé un tems suffisant et procédant au fait de nostre commission, après avoir mûrement examiné le suict de nostre rapport et faisant attention aux réquisitions dudit Garcin contenues en son comparant dudit jour treize du courant; nous pensons que la petite blessée est en voie de guérir des blessures que nous lui avons trouvées. La suppuration qui en résulte nous ayant paru louable, qu'icelle sera pour toujours privée de l'usage de sa main droite, puisque les cinq doigts qui en sont les parties les plus nécessaires ayant été dévorées par les dents d'un animal, le mesme qui a fait les autres morsures.
En telle sorte que nous estimons que les blessures que nous avons trouvées à cette petite fille ont été faites par la gueule et avec les dents d'un animal n'étant pas à nostre pouvoir de désigner de quel genre est cet animal, qui peut être un
loup, un pourceau ou un chien. Ayant mesme, afin de pouvoir en donner une idée claire et distincte, conversé avec le chirurgien ordinaire de l'hôpital qui avait vu récemment les dites blessures, lequel nous auroit déclaré qu'il seroit fort embarrassé à pouvoir aussi désigner de quel genre est l'animal qui a mangé la main de cette petite fille et failli la dévorer ; en telle sorte que nous pensons que lesdites morsures ont été faites par la gueule et avec les dents d'un animal qui peut être un loup, un pourceau ou un chien.

Ce que nous certifions vray en foy de quoy nous avons fait et signé le présent.
A Aix le seize octobre mil sept cent trente six.

[Ferrier](1) Une heure de l'après-midi (13 heures).
(2) Fondé en 1519 par Jacques de la Roque, agrandi en 1565 par Mgr de Jarente, archevêque d'Embrun, l'hôpital Saint-Jacques sera agrandi 17 ans après la présente affaire par Mgr de Brancas, archevêque d'Aix (1753). Dans son testament, Jacques de la Roque avait stipulé que l'on devait y admettre tout homme, quelle que fût sa croyance, "etiam diabolus" (même le diable!) et que l'on ne devait y admettre aucun administrateur issu du clergé, "etiam Papa" (même le pape!). En 1736, on conservait dans la chapelle de l'hôpital un crucifix en bois qui était vénéré. Il disparut à la Révolution. Sur les fondations de l'hôpital Saint-Jacques s'élève aujourd'hui l'hôpital d'Aix-en-Provence.
(3) Le texte original est "... avec l'honneur que lapartient et que nous a esté emanée par...".
(4) "ioseph chanssaud" (sic).
(5) "...la fille dud garcin que nous avons trouvee gissans dans un petit lict...".

Les loups en Provence.
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