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ACANTARI

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Lou plesi de canta n'en Prouvençau


De Calissanne en calisson

Publié par Chorale ACANTARI sur 14 Février 2013, 07:32am

                           La philosophie enseigne que les peuples heureux n'ont pas d'histoire, mais l'empirisme démontre que c'est une légende. Ainsi, les bienheureux habitants du pays provençal ont-ils toujours bien des histoires à raconter, et des bonnes, chacune s'enrichissant, selon une coutume locale toujours en usage, de plusieurs variantes souvent délectables. Sur l'origine du calisson d'Aix, par exemple, délicieuse spécialité à base de pâte d'amandes, de cette cité toute voisine de Marseille, l'on trouve comme cela, sans même remonter bien loin dans les archives, pas moins de trois récits différents. Autant que d'historiens : l'Etat, l'Eglise et le Peuple. L'un situe le baptême du doux losange au mariage, le 10 septembre 1454, du bon roi René Ier, et de la non moins bonne Jeanne de Laval, plus jeune de vingt-quatre ans, deuxième du nom _ la première ayant été l'épouse de Bertrand Du Guesclin. A la fin du repas de noces, que l'on imagine tardive, la jeune reine se serait extasiée en savourant l'une de ces nouvelles gâteries exécutées de main de maître par le pâtissier du roi. Dans un sourire, elle aurait eu ces mots provençaux passés à la postérité : « di calin soun », « ce sont des câlins ». Mais l'épisode tient peut-être de la fable, car le mariage eut lieu à Angers, trois ans avant que René et Jeanne n'aillent s'installer en Provence. Une autre version fait du calisson un miraculé de la grande peste de 1629. Cette histoire pieuse veut que ces friandises, bénites par l'archevêque _ « venite ad calicom » _ aient été distribuées au cours de l'une des toutes premières messes célébrées après que l'épidémie eut quitté la cité d'Aix. Voilà qui aurait le mérite d'expliquer son exceptionnelle longévité. Moins répandue, une tradition orale attribue la paternité du calisson à un coteau autrefois planté d'amandiers, sur les terres de Calissanne, vaste propriété aujourd'hui parsemée de cent hectares de vignes et cinquante d'oliviers, qui s'étend, comme un balcon au-dessus de l'étang de Berre, sur une ancienne place forte gallo-romaine.

De Calissanne en calisson
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