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ACANTARI

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Lou plesi de canta n'en Prouvençau


Eglise Notre-Dame-de-la-Seds

Publié par Chorale ACANTARI sur 8 Mars 2014, 07:15am

Catégories : #publicite

Le 15 mars à 15h30, par le Père Michel SAVALLI
 
 
à la cave aux huiles.
©Malost / CC-BY-SAEglise Notre-Dame-de-la-Seds d'Aix-en-Provence

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici la toute première église d'Aix, au début de son histoire petit oratoire fondé par saint Maximin, au IVe siècle, sur un temple dédié à Cybèle. Le siège épiscopal ne tarde pas à s'installer à côté de la nouvelle cathédrale dédiée à la Vierge, d'où le nom de Notre-Dame de la Seds, sedes episcopali, « du siège épiscopal ». Cet endroit de la ville s’appelle alors « ville des Tours », à cause de son palais épiscopal imposant comme une forteresse, avec tours et créneaux.
 

Saint Mitre


La Seds reste indissociable du culte de saint Mitre. Qui ?! Mitre ! Il travaille comme ouvrier agricole chez le riche et décadent Arvendus. Mitre ne fait que faire des reproches sur la conduite de son maître ! Un peu de modération, quoi, ne fait de mal à personne... Alors un jour, énervé par tous ces reproches, Arvendus fait couper plusieurs grappes de raisin sur ses vignes et accuse un de ses domestiques ! Mitre se met à prier : le lendemain, miracle ! Les grappes ont repoussé ! Mais le Romain n'aime pas vraiment les miracles : il fait arrêter Mitre et le condamne à avoir la tête tranchée... Survient le second miracle : notre martyr s'en saisit et s'en va à la cathédrale de la Seds pour déposer son chef sur l'autel. Les cloches se mettent alors à sonner d'elles-même... et voilà Mitre devenu saint ! Son tombeau se trouvait dans la cathédrale primitive d'Aix, la Seds, avant son transfert à Saint-Sauveur, vers 1383.

Dans cette même cathédrale, on pouvait voir un tableau attribué à l'atelier de Nicolas Froment (le peintre du triptyque du Buisson ardent) illustrant le martyr de Mitre, placé dans la petite chapelle Saint-Mitre. L’archevêque d'Aix Aymon de Nicolaï fait construire cette chapelle au milieu du XVe siècle pour y être enterré à côté de Jacques de La Roque, donateur du tableau et fondateur de l’hôpital Saint-Jacques d'Aix. En 1636, l’archevêque d'Aix fait transférer les restes de Mitre dans un reliquaire en argent. Mais voyons deux secondes ce fameux tableau : au premier plan, Jaques de La Roque et sa petite famille réunis en prière autour de saint Mitre portant sa tête. Au second plan, des bâtiments dont on ne sait pas si c'est une vue réelle d'Aix où une ville totalement imaginaire. Regardez à gauche, dans la tourelle : une femme portant une lance apparaît dans l'encadrement d'une fenêtre. Assez petite et nue, on ne sait ce qu'elle représente !

 

Reconstruction... et dévotion !


Puis, au XIe siècle, la cathédrale déménage à Saint-Sauveur. Et voilà la Seds redevenue simple église ! On y vénère beaucoup une petite statue de bois de la Vierge : la copie, parait-il, de celle que Maximin avait exposé dans sa cathédrale primitive et que les Sarrasins avaient détruite. La précieuse statue passe à Saint-Sauveur, tout comme les reliques de Mitre. Mais vers 1390, la Seds se fait ravager par l'armée de Raymond de Turenne, qui ne laisse que des ruines fumantes... La reconstruction vient au milieu du XVIe siècle. Et dans quelle condition ! En 1521, alors que la peste frappe Aix, on raconte que toutes les nuits, des lignes de feu dessinent un grand rectangle sur le sol. On fouille et on se rend compte que le vieil oratoire primitif dédié à la Vierge se trouvait là. Un miracle ! Ca veut dire qu'il faut reconstruire une église.

Il faut attendre la fin de l'épidémie de peste en 1555 pour que l’église soit achevée ; la façade ne sera construite qu'au XVIIIe siècle. Début 1630, rebelote ! Une terrible épidémie de peste frappe Aix : la ville fait vœu de faire une procession à la Seds tous les ans à la date du jour où l’épidémie se sera calmée : ce jour vient le 1er septembre 1630. En 1816, la sœur Saint-Augustin du Saint-Sacrement, mademoiselle Raymond, s'installe avec les siennes près de notre église et y fonde un couvent. C'est grâce à elle que la statue tant vénérée de la Vierge a fait son retour à la Seds ! En 1849 et 1884, une épidémie de choléra frappe la ville : la Vierge sera bénéfique... une petite procession, et hop la maladie part comme elle est venue ! En 1857, notre statue se fait couronner et la foule se presse très nombreuse pour la voir. Un dallage de plaques de marbre composé d'ex-voto, d'ailleurs, témoigne des remerciements faits à la Vierge par les fidèles.

L'église actuelle date de 1853, construite par l'architecte aixois Henri Révoil : elle est de style romano-byzantin. Vous ne pourrez pas louper notre statue, elle est bien là, dans sa niche, toute dorée et habillée de bleu...

 

Récapitulatif


Un panneau de marbre dans l'église permet de faire un petit récapitulatif des dates importantes : « Ici s'éleva la première église aixoise Notre Dame de la Seds ou du siège épiscopal. Elle a cessé d'être la cathédrale à la fin du XIe siècle. L'auguste et miraculeuse madone, l'une des plus antiques du monde chrétien y est demeurée la gardienne de la cité. Dates mémorables : 466 - Saint Mitre y dépose sa tête. 738 – Destruction par les Sarrasins, ensuite, reconstruction de l'église. 1060 – Transfert de la cathédrale à Saint-Sauveur. 1112 - Premier concile d'Aix à la Seds. 1321 – L'archevêque Pierre d'Auréole y proclame l'Immaculée Conception. XVe siècle – L'église est en ruines, la Madone est à Saint-Sauveur. 1521 – Peste, miracle des flammes, vœu populaire ; le fléau cesse, l'église est rebâtie. 1556 – Le sanctuaire est confié aux Minimes. 1630 – Peste, vœu des consuls et du peuple ; le fléau disparaît. 1793 – Révolution, ruines. 1801 – Madone de nouveau à Saint-Sauveur. 1815 – La mère Saint-Augustin achète le couvent et y établit des religieuses du Saint-Sacrement ; reconstruction de l'église. 1816 – La Madone reprend possession de sons sanctuaire. 1849 – Choléra, la ville est préservée. 1853 – Restauration de l'église. 1857 – Couronnement de la Vierge par monseigneur Chalardon. 1865 – Choléra, la ville est épargnée. 1874 – Grand pèlerinage aixois du vœu de la guerre. 1879 – Monseigneur Forcade établit les manifestations solennelles de l'Octave. 1884 – Le choléra est arrêté. 1885 – Nouveau choléra, Aix est préservée. 1944 – Procession miraculeuse contre les bombardements.

Eglise Notre-Dame-de-la-Seds
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