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ACANTARI

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Lou plesi de canta n'en Prouvençau


Le pain maudit de Pont Saint-Esprit.

Publié par Chorale ACANTARI sur 22 Octobre 2013, 10:34am

Catégories : #Histoire

Nous sommes en 1951, un petit village du Gard est pris de démence : les habitants de Pont Saint Esprit perdent la tête, frappés d’un mal étrange, dont l’origine n’a jamais été identifiée. 

A partir du 17/08/1951 plus de 300 personnes à Pont Saint Esprit (Gard) commencent à manifester des comportements anormaux: violentes hystéries, hallucinations visuelles et sensorielles, hyperactivités motrices. 7 d’entre eux décèderont, 50 seront internées dans les Hôpitaux psychiatriques de Montpellier, Nîmes, Lyon, Avignon et Orange. Plus de 250 montreront des symptômes plus ou moins graves: sensations de froid, nausées, vomissements, douleurs gastriques, convulsions, hallucinations, euphorie, crises dépressives, tendances suicidaires, etc....

 

Ce qui débute comme une intoxication alimentaire collective culminera quelques jours plus tard en une nuit de pure folie !

 

La population spiripontaine est terrorisée et la peur gagne toute la France. Les médecins Messieurs Vieu et Gabbai ne savent plus ou donner de la tête, le point culminant fut atteint la nuit du 24 Août, le Dr. Gabbai décrivit cette dernière comme sa “nuit d’apocalypse”.
“Toute cette nuit-là, des voitures, des charrettes, toutes sortes de moyens de transports amèneront à l'hôpital des malades gémissant ou hurlant, en proie à des phantasmes de violence ou de peur -.....les malades se croient entourés de flammes; c’est ce qui les poussait vers les fenêtres......ils étaient éblouis de visions violemment colorés” 

 

            Les salles d'attente des trois médecins de la ville sont pleines à craquer. De nombreux malades viennent consulter pour des problèmes digestifs : nausées, brûlures d'estomac, diarrhées.

 

Les jours suivants, les symptômes s’aggravent et les malades consultent pour des fatigues importantes et des insomnies 24 heures après, dans toute la ville : des crises hallucinatoires, les gens crient, se plaignent, courent, s'invectivent, certains sautent des fenêtres : « Ne me touchez pas, je suis une torche enflammée ».

 

On voit des bêtes immondes, on s’imagine avoir mangé des serpents. Un chat fait des bonds « qui atteignent le plafond de la pièce ».

 

L'épicier du village, lui, « recompte pendant des semaines les perles du rideau de son entrée »,

 

La fréquence de ces symptômes mentaux délirants rappelle une maladie oubliée alors : le « mal des ardents. », la maladie de l'ergot de seigle, un champignon parasite.

 

Courante au Moyen Age, la maladie a disparu en France depuis le XVIIIe siècle. Par ailleurs, l'ergotisme peine à expliquer tous les symptômes cliniques. De nombreuses hypothèses on été avancées tel que l’empoisonnement à l’ergot de seigle, l’ingestion d’eau pleine de fongicide, présence de mycotoxines dans le blé, mais aucune ne s’était avérées convaincantes.    

     

L’enquête du commissaire Sigaud s’oriente très rapidement vers deux moulins qui ont livré les farines à la boulangerie Briand, l’un dans l’Indre, l’autre dans la Vienne. Mais c’est la minoterie de la Vienne, appartenant à Mr Maillet à Saint-Martin-La-Rivière qui intéresse particulièrement le commissaire Sigaud car elle a fourni le lot de farine le plus important. Le 31 Août le minotier Maillet est arrêté, il est accusé d’avoir incorporé dans la farine du seigle avarié que lui aurait fourni un boulanger du nom de Guy Bruère. Maillet avoue et déclare: « je n’ai pas osé livré cette marchandise de mauvaise qualité dans ma commune, alors je l’ai expédié à Pont St. Esprit ». Le 1er Septembre le boulanger Bruère est arrêté à son tour. Le boulanger Briand de Pont St. Esprit déclara quant à lui: « j’ai constaté que la farine n’était pas de bonne qualité parce qu’elle collait aux doigts. Elle était grisâtre ». 

 

La seule certitude est là : toutes les victimes ont consommé le même pain, celui de Roch Briand, le meilleur boulanger du village. Pour le reste, les hypothèses s'évaporent à l'époque au gré d'une enquête  dont l'objectif premier semble d'étouffer l'affaire. Soupçonné, l'ergot de seigle, un parasite naturel dont le LSD est la version synthétisée en laboratoire, est finalement dédouané, laissant, depuis, le champ des interprétations ouvert.

 

Un journaliste américain prétend avoir percé le mystère : le village aurait été arrosé de LSD par la CIA pour une expérience secrète.

                                      

En 2010, à la faveur de son livre d’investigation « A Terrible Mistake » (Une terrible erreur), le journaliste américain Hank Albarelli affirme que : « la CIA a plongé Pont-Saint-Esprit dans l’hystérie, testant secrètement les effets du LSD sur la population ».

 

Hank Albarelli s’appuie sur des documents déclassifiés qui mentionnent en effet « l’incident de Pont-Saint-Esprit » dans une conversation entre un agent de la CIA et le chimiste Albert Hoffman, le découvreur du LSD…

 

Albarelli mène une enquête sans vraiment fournir de preuves mais en établissant de multiples connexions entre le village, la CIA, le LSD, mentionnés conjointement dans des notes, des transcriptions de conversations, etc.

 

Des documents de la CIA attestent qu’un grand nombre d’expériences ont également été pratiquées sur des employé(e)s de la CIA, des militaires, des agents du gouvernement, des personnes atteintes de troubles mentaux ou encore des prostituées. Même le grand patron du SOD, le Dr.Sydney Gottlieb en consommait fréquemment puis s’enfermait dans son bureau pour constater les effets de la drogue.

 

Quel aurait été l’intérêt d’épandre du LSD sur Pont Saint Esprit alors que l’on a le matériel humain, souvent volontaire, sous la main et dont on peut suivre minute par minute les réactions à la drogue ?

 

- Il est prouvé que tous les intoxiqué(e)s avaient consommé du pain de la boulangerie Briand.

- Les premiers symptômes se sont déclarés 36 heures après la consommation de ce pain, alors que les effets du LSD se font ressentir 1 à 4 heures après l’ingestion.

 

- Les malades avaient des problèmes digestifs, ce qui n’est jamais le cas avec le LSD.

 

- L’épandage du LSD aurait contaminé tous les habitants de Pont Saint Esprit et au gré du vent les communes avoisinantes, ainsi que les animaux sauvages et domestiques, et en ce qui concerne ces derniers cela ne serait pas passé inaperçu.

 

Cette version pose de nouvelles questions sans réellement apporter de réponses, et l'affaire du "pain maudit de Pont Saint-esprit" est, à ce jour, toujours non résolue.

 

Le pain maudit de Pont Saint-Esprit.
Le pain maudit de Pont Saint-Esprit.
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